La Grande Aventure de Pikachu

Critique du dernier ouvrage Pokémon de chez Pix'n Love
Bon allez messieurs-dames on arrête de « s’abrutir avec vos jeux vidéos » comme dirait ma grand-mère et on va se mettre à lire. Enfin rassurez-vous, il est toujours question de Pokémon. En effet, Pix’n Love, l’un des derniers éditeurs presse jeux-vidéos français, connu notamment pour ses « bibles » de consoles de jeux-vidéos (NES, SNES…) a sorti fin octobre 2013 un nouvel ouvrage, La Grande Aventure de Pikachu, sous-titré Grandeur et décadence du phénomène Pokémon. Image Vous remarquerez, non sans un pointe de jalousie, que nous avons eu l’opportunité de faire dédicacer notre exemplaire par Masuda lui-même à l’occasion de la Paris Games Week. Ceci mis à part, force est de constater qu’il s’agit d’un bel ouvrage du point de vue de la forme. Une couverture épurée, quadrichromatique avec le visage de Pikachu. La tranche est du même acabit, on regretta cependant la coquille sur la tranche qui a fait disparaitre le mot « aventure » du titre. Après lecture rien à redire non plus quand à la qualité d’impression, qui avait pu être critiquée dans certains ouvrages du même éditeur. Ça tape méchamment quoi. Passons ensuite à ce qui nous intéresse vraiment dans un livre, à savoir le contenu. Et là, si comme moi vous avez la fâcheuse manie de sauter les quelques pages avant le vif du sujet réfrénez-vous. En effet, l’on y apprend non seulement que l’étude que vous tenez entre les mains est des plus sérieuses puisque réalisée par des enseignants, chercheurs en anthropologie, en sciences des médias et en sociologie sous la houlette de Joseph Tobin directeur de publication de l’université de Duke. Excusez du peu. Cependant le dernier paragraphe est plus dérangeant. On y apprend en effet qu’il s’agit d’une étude datant de 2004, soit de pratiquement 10 ans maintenant. Et même si l’on nous assure que le propos est pertinent aujourd’hui encore, 3 générations ont passé (pour rappel 2004, c’est la sortie de Rouge Feu et Vert Feuille les gens) et ce qui était valable en 2004 ne l’est plus forcément aujourd’hui. Annoncer en quatrième de couverture que Pokémon est passé de mode en 2002, quand on voit le succès actuel, ne déconnons pas. Là où ce livre garde cependant de la pertinence c’est dans la manière dont il est articulé. En effet, il ne s’agit pas d’un ouvrage « historique » sur Pokémon, dans la veine de l’Histoire de Mario, également chez Pix, mais plus d’une étude sociologique sur ce phénomène de masse dans lequel nous avons tous baignés, que nous soyons fans ou pas au demeurant. On apprécie le fait que cette étude ne soit pas américano-centrée mais étudie aussi le phénomène en France, au Japon ainsi qu’en Israël. Les auteurs s’attardent sur la genèse et l’exportation du phénomène (principalement aux Etats-Unis dans le cas présent il est vrai), en traitant des sujets comme la censure ou l’adaptation à un public occidental, ce qui oblige à changer les codes et les propos. Je vous renvoie à notre dossier sur la censure dans Pokémon pour en apprendre plus à ce sujet. L’ouvrage fait aussi la part belle aux voix qui se sont élevées et s’élèvent encore contre la série, concernant sa dangerosité ainsi que sa mauvaise influence avec un large panorama des méfaits de nos monstres de poches à collectionner. On passera rapidement sur la partie présentant les identités des fans de Pokémon, les auteurs semblant oublier que Pokémon c’est aussi pour les grands (© Pokémon Trash) et pas uniquement pour un public de 8 à 10 ans… En conclusion, ce livre n’est pas inintéressant, bien au contraire. Cependant au vu de son prix (22€), bien que non aberrant pour une publication de ce genre, on ne le conseille pas forcément à tout le monde. Sachez qu’il est destiné à un public adulte, c’est un livre 100% sérieux, pas du genre qu’on lit un œil fixant la télé (ou la 3DS pendant qu’on espère qu’une bestiole chromatique montrera le bout de son nez) et l’autre sur le livre, ou un public collectionneur, cela reste un bel voir très bel objet. On regrette fortement le fait qu’il s’agisse d’une étude de 2004, qui n’est plus vraiment à jour et qui se focalise beaucoup sur l’aspect enfantin de la série. Un avis plutôt mitigé donc, ceci dit on remercie Pix’N Love de porter de l’attention à Pokémon et on espère fortement un nouvel ouvrage sur le sujet, plus actuel cette fois. Image

Par IvyMaital

IvyMaital
Iron Maiden fag, collectionneur de jeux vidéos à temps plein, physicien de temps en temps. All hail Slowking !