Ça fait maintenant un petit moment que Pokémon Pokopia est entre nos mains, et faut dire que le jeu a fait du bruit - sold out dans certains pays, gros bruit sur les réseaux sociaux…
Mais du coup ça donne quoi ? Vous y avez peut-être pas joué, vous vous demandez si ça vaut le gros coût coup. Voici mon avis sur la question, après 40 heures de jeu.
Présentation du jeu
Pokémon Pokopia est un nouveau spin-off, développé par Game Freak et l’équipe Omega Force de Koei Tecmo Games. Pour ceux qui connaissent pas, ils sont notamment derrière Dragon Quest Builders 2. Évidemment, cette expertise a été utile au développement de Pokopia : les deux sont des jeux bac-à-sable avec un grand intérêt sur la construction.
On peut aussi penser à d’autres jeux, comme Animal Crossing et ses villageois ou Minecraft et ses cubes. Le jeu pioche un peu d’inspi par-ci par-là, mais ça reste une création originale et nouvelle.
Vous êtes accueilli dans ce monde post-apocalyptique, où il ne reste plus aucun être humain. Bizarrement, depuis votre arrivée, beaucoup de Pokémon font leur retour. Vous décidez donc d’aider le Professeur Bouldeneu à rétablir cette région à sa gloire d’antan.
La boucle de gameplay est assez simple : vous construisez un habitat et un nouveau Pokémon vient pour y habiter. Mais sa maison est un peu guez, c’est juste 4 touffes d’herbe par terre. Alors il vous demande un lit, une table… Le but est de rassembler le plus de Pokémon et de leur donner les meilleures conditions de vie possibles. Et ils vous rendront service, ce qui sera utile pour découvrir encore d’autres espèces. Vous continuez comme ça, en espérant un jour retrouver des humains…

La satisfaction addictive
Assez vite, on commence à arroser de l’herbe. Elle devient toute belle, on est content et on a envie de continuer, encore et encore jusqu’à tout nettoyer. En fait, on tombe dans une boucle satisfaisante et gratifiante, un peu à la PowerWash Simulator : on a une zone qu’il faut “nettoyer” petit à petit.
On retrouve cette mécanique à plusieurs étapes du jeu. Au début c’est simplement de l’arrosage, après on commence à déblayer la terre qui traîne sur les routes, puis d’autres trucs, etc. Ça devrait être chiant, flemme de nettoyer de base. Mais ici, c’est léger, c’est cool, tu es satisfait, tu continues, en boucle.

Il y a d’autres choses satisfaisantes à compléter : les nombreuses collections du jeu.
Vous connaissez déjà ce feeling : remplir son Pokédex petit à petit, trouver les petits bouts qui manquent. C’est pareil ici, sauf qu’en plus vous avez un Habitadex, des journaux à trouver, des CDs, tenues… Bref, un bonheur pour les collectionneurs qui aiment finir un jeu à 100%.
En fait, la satisfaction est au centre de la boucle de gameplay. Vous cherchez à satisfaire vos Pokémon et ça vous satisfait en retour. Le système complet fonctionne plutôt bien et devient très vite addictif.
Un jeu charmant
Un autre point très fort du jeu : il a tellement de charisme et de personnalité.
Les Pokémon vivent leur vie, ils se baladent et interagissent entre eux. Vous les surprendrez en train d’avoir des conversations, ou même de courir l’un après l’autre. J’oublierai jamais ce groupe qui s’est posé en rond autour de Chétiflor, qui racontait une histoire :

Chaque Pokémon a sa personnalité. Une grande importance a été portée dessus et ça se ressent. Déjà, les animations sont super mignonnes. Obligé de penser à Tiplouf qui galère à grimper un bloc, comment résister ?
Aussi, chacun a sa manière de parler. Mention honorable à Efflèche, souffrant du spleen… En plus, la traduction française est TOP. On en a de la chance, les francophones.

Au final, on se retrouve avec un monde super vivant et immersif. Peu importe les graphismes, j’ai vraiment l’impression d’y être, et d’être le grand sauveur de la région.
Il n’y a pas que les créatures qui ont un charisme. La map (qui n’est pas générée aléatoirement, rappelons-le) a été assemblée avec soin. Lors de votre exploration, vous trouverez plein de petits bouts de lore laissés par les étrumains. L’univers se construit à partir de pas grand-chose. Mais étonnamment, il est assez solide et attachant.
Et forcément, si vous êtes un fan de Kanto, vous allez vous régaler. Il y a pas mal de fan service, sans en faire trop.
Perso, l’histoire et les personnages n’ont jamais été mon focus sur Pokémon. Mais le jeu m’a surpris, j’étais assez ému par moments, notamment la fin du jeu. Le jeu a vraiment un charme.

Une expérience hyper fluide
Ça fait tellement de bien de jouer à un jeu qui a été testé, peaufiné pendant longtemps et aimé par ses créateurs. Tout a été pensé pour être le plus fluide possible et éviter toute frustration éventuelle du joueur.
Grossièrement, Pokopia va te donner une nouvelle tâche à faire, un nouveau problème à résoudre. En complétant cette quête, tu te confronte à un truc relou, que t’as pas envie de faire. Mais assez vite, tu débloques la solution à ce problème, qui s’intègre parfaitement au reste. Au final, tout devient simple.
Le seul défaut à ce niveau-là, c’est la gestion de l’inventaire. Et encore, c’est minime, mais il manque de quoi trier ses coffres ou y rechercher un objet - putain où j’ai encore foutu mon canapé pop ???
Au final vous êtes forcés de vous en occuper vous-mêmes, le problème est pas énorme, mais ça reste un peu chiant.

Mais sinon, le jeu est très bien équipé en terme de “quality of life”. Le jeu est moderne et possède ce qu’on pourrait attendre d’un jeu du genre. Un peu étonnant venant de Game Freak, qui a historiquement toujours été en retard à ce niveau.
Le craft, la collecte d’objets, tout fonctionne bien.
Un truc m’a frappé personnellement, et ça prouve assez bien l’amour qui a été donné au jeu : demander à un Pokémon de vous suivre. De base, faut lui parler et appuyer sur plein de boutons dans le dialogue. Mais c’est possible via un seul bouton, directement. Plus besoin de lui ? C’est pareil, un bouton et c’est fini.

En gros, Pokopia est super confortable. Il y a très peu d’étape entre vos actions, tout se fait rapidement et simplement. Pas de grind ridicule.
Un rythme qui s’adapte
Le jeu utilise l’horloge de la console, comme dans Animal Crossing. Pokopia vous force donc à suivre un certain rythme, mais vous dictez quand même le tempo.

Pour construire une maison ou pour qu’un Pokémon apparaisse, il faut attendre. On pourrait croire que ça rend le jeu frustrant, mais Pokopia trouve un bon équilibre. Il arrive à vous motiver à lancer le jeu chaque jour, sans trop vous limiter chaque jour non plus.
Si vous avez joué à Animal Crossing, vous connaissez ce sentiment unique au réveil : vite, je dois voir mon village et y faire mes trucs quotidiens. Dans Pokopia, c’est pas aussi poussé, mais on retrouve un feeling similaire.
Néanmoins, tout est disponible à toute heure. Pas besoin de se dépêcher car le magasin Nook ferme à 22h. Il est 4h du mat’ et vous avez besoin de Salamèche pour allumer une torche ? Pas de soucis ! Suffit de ruiner son rythme de sommeil en allant lui parler. Il peut rien dire, vous êtes le maître de ces lieux et c’est grâce à vous qu’il est là…
Au final, le jeu se joue comme vous voulez. Il est bien possible de rush en jouant 10h par jour. Mais le jeu s’adapte super bien à de courtes sessions quotidiennes.

De la liberté
Pokémon Pokopia est aussi un très bon bac à sable.
Pour les plus flemmards, on peut construire des maisons pré-fabriquées. Mais pour les plus créatifs, on peut aussi les construire bloc par bloc ! Le jeu a tellement de blocs différents, permettant de donner du relief et de la texture à vos bâtiments.
Vous devez aussi placer des chemins pour que vos Pokémon puissent se rendre visite. Ici aussi, libre à vous de tout donner : ponts, éclairages…

En progressant, vous débloquez aussi des technologies vraiment cool. Je vais pas rentrer en détail pour éviter de spoil, mais dites-vous que quelqu’un a déjà construit une calculatrice fonctionnelle dans Pokopia. Les fluides ont aussi leur propre physique, et on peut jouer avec pour des créations originales.
Cerise sur le gâteau pour les builders : on peut peindre tous les blocs et meubles, un peu à la Terraria. Vous voyez les dizaines de blocs uniques déjà existants ? Multipliez ça par 18… Ouais, ça fait beaucoup !

Si vous kiffez construire des maisons, des grands bâtiments, ou des villages entiers - Pokémon Pokopia est un terrain de jeu parfait.
Un multijoueur un peu décevant
Un dernier point que je tenais à mentionner : il y a du multijoueur, mais je suis un peu divisé dessus.

Pour faire simple : vous avancez l’histoire sur votre île principale. Vous pouvez inviter des gens chez vous, mais seulement en tant qu’invités, ils pourront pas faire grand chose.
Après, vous avez une île “bac-à-sable”, vos amis peuvent vous aider à construire dessus, même en GameShare. C’est plutôt cool, ça fonctionne aussi avec une Switch 1.
Et la forme la plus avancée pour collaborer, c’est les Îles Nuage. Vous pouvez donner une clé à vos amis, qui pourront rejoindre l’île même si vous êtes hors-ligne.
Mais il y a un problème : vous allez surtout jouer sur votre île principale. C’est évidemment l’intérêt principal du jeu, l’histoire s’y passe. Mais même après, pour compléter le jeu à 100%, le plus simple est de reprendre ce que vous avez fait durant le mode histoire.
Le jeu a aussi des événements à durée limitée, apportant de nouveaux Pokémon exclusifs. Globalement, ils ne sont disponibles que dans l’île principale. Donc vous allez jamais vraiment abandonner cette partie du jeu.
Mais c’est cool, il y a du multi jusqu’à 4 joueurs. En soi, on peut construire à plusieurs et même accueillir des Pokémon ensemble. Le jeu est assez généreux, mais reste frustrant pour les gens qui comptaient y jouer à plusieurs.
Conclusion
Le jeu est vraiment bien. Perso j’ai passé un très bon moment, et j’ai hâte de continuer pour bien finir le jeu, voire même construire de plus gros projets pour le kiff.
Pokémon Pokopia est une expérience rafraîchissante dans les jeux Pokémon, on sent que les développeurs y ont porté beaucoup d’amour et d’attention.

Mais ça pique un peu : c’est une Game Key Card, assez chère (79,99€ en physique, 69.99€ en démat’) et exclusive à la Switch 2. Acheter la console JUSTE pour ce jeu c’est sûrement overkill. Mais si vous kiffez Pokémon de base, j’imagine que la console vous intéresse déjà. Pour le prix du jeu lui-même, en soi… On peut vraiment y passer des dizaines et même des centaines d’heures. À vous de voir si ça vaut votre argent.
Après, attention ! Le jeu est pas forcément pour tout le monde. Faut s’attendre à une expérience chill. Si construire votre propre village ou explorer un ancien monde vous intéresse, vous allez passer un bon moment. Faut oublier les combats le temps de finir Pokopia.

Voilà, c’est la fin de cette review. J’imagine que c’est ici que certains espéraient voir une note, peut-être pas. Perso, j’ai décidé de ne pas en mettre. J’arriverai pas à mettre un chiffre sur ce jeu. Mais vous l’aurez compris avec cet article - c’est fort, c’est fort…
Game Freak: Ouais Omega Force… Prépare le meilleur jeu de ta vie, et si t’es chaud on plie un classique ensemble.
Sur ce, je retourne compléter mon Pokédex…

