Nemu'Run : Chapitre 3

Confrontations.


Nemuru


Résumé des épisodes précédents :Apollo a obtenu des informations d'un sbire de la Team Aqua comme quoi l'organisation serait à Poivressel. En sauvant le paquet de Devon, il s'attire les faveurs de son président et se voit confier la mission d'escorter les pièces au Capitaine Poupe, à Poivressel. Mais avant, il doit rendre une lettre à un certain Pierre Rochard, à Myokara.
Et voilà le Nemu'Run, chapitre 3 ! Quelques petits incidents d'émulateur mélangés à de la bonne vieille flemme des familles ont retardé l'arrivée de ce chapitre. Chapitre qui n'aura exceptionnellement pas d'illustration parce que. Bonne lecture !

Équipe :

Pic

(Papinox)

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Walter

(Flobio)

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Carol

(Medhyèna)

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Marilyn

(Makuhita)

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Village Myokara

Bastien me regarde, hébété. Dans la salle de sport du Village Myokara, les acclamations se sont tues. Un silence pesant tombe sur l’arène. Les combattantes et les karatékas regardent, bouche pendante, le Makuhita de mon adversaire gésir au sol.

- Beau travail Marilyn.

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Ma propre Makuhita bombe le torse. Elle est fière d’avoir fait ses preuves devant ses nouveaux compagnons. Pourtant, lors de sa capture dans la grotte Granite, je ne donnais pas cher de sa peau. Entourés de Nosferapti, de Racaillou et d’Abra, nous avions bataillé dur pour sortir de ce labyrinthe de rocs plongé dans l’obscurité. Mais cela valait le coup. Mon équipe est plus forte que jamais, et elle a hérité d’un nouveau membre puissant.

Bastien rappelle son Makuhita. Marilyn a cogné un peu fort et j’ai vu des dents tomber sur le tatami. Je remarque aussi des taches brunes par terre. Au moins, il est encore vivant…

- Félicitations, voyageur. Tu mérites le badge de mon arène pour avoir remporté ce combat.

Je rattrape au vol le morceau de métal qu’il me lance. Ce poing en fer blanc est censé m’ouvrir la porte de la prochaine arène. Loin, très loin d’ici, à Lavandia. Par delà la mer et par delà Poivressel, ma prochaine destination. J’espère que je rencontrerai d’autres dresseurs dignes de ce nom d’ici là. Si Pic a fait des merveilles dans cette arène, en ratatinant ses adversaires à coup de Choc Mental, Walter et Carol n’ont pas bougé. Je soupçonne d’ailleurs le premier de me bouder, et la deuxième de ronger son frein en attendant d’autres gorges à trancher.

Je sors de l’arène sous le regard insistant du public. Le ciel de ce début d’après-midi illumine la plage de Myokara. Le badge, c’est fait. Et maintenant ? Plutôt que de me taper la route jusqu’à Lavandia, je pourrais passer à Clémenti-ville, réduire le champion local en bouillie. Mais ça me ralentirait dans mon enquête qui doit se concentrer sur Poivressel.

Je passe chercher mes affaires à l’auberge du coin. Cette chambre d’hôte est la seule de l’île. D’ailleurs, je le sens passer quand le propriétaire me remet la note. Ouch. Je ne m’attendais pas à une facture à quatre chiffres. La perspective de me barrer en courant m’effleure l’esprit alors que je farfouille frénétiquement dans mes poches pour récupérer mes pokédollars.

- Laissez, c’est pour moi.

Un grand jeune homme aux cheveux argentés se tient derrière moi. Il tend une carte bleue au gérant de l’auberge en recoiffant une mèche derrière l’oreille. Devant mon air interrogatif, il se présente.

- Je suis Pierre Rochard, le fils du président de la Devon. Il m’a appelé il y a peu pour me dire qu’un certain Apollo serait de passage à Myokara pour me remettre une lettre. J’ai appris aussi que vous nous aviez sauvés d’une catastrophe l’autre jour. Vous payer le séjour est la moindre des choses.
- Je… Merci.

Je le laisse régler la note sans rien ajouter. Il enchaîne.

- J’ai rencontré Séverin qui m’a dit que vous étiez parti défier le champion du village. Je crois qu’il vous est reconnaissant de l’avoir aidé dans cette forêt.

Ah. Séverin. Comme la lettre, j’avais réussi à oublier ce boulet. Ce mec qui n’avait pas bougé de l’hôtel depuis notre arrivée à Myokara, me laissant chercher le fameux Pierre jusque dans la Grotte Granite sans lever le petit doigt. Ne se montrant qu’aux heures des repas.

- Où est Séverin ? Nous avons un paquet à remettre au capitaine Poupe.
- Il a rejoint monsieur Marco je crois. Ils font une partie de pêche.

Je referme mon sac, le jette sur mon épaule et lui tend sa lettre.

- Tenez. Je vous remercie pour la chambre. Voici votre courrier. Moi, je dois partir.

Un sourire énigmatique étire les lèvres de Pierre.

- Merci Apollo. Bon courage pour votre mission. Quelque chose me dit que nous nous reverrons.

J’acquiesce sans comprendre et tourne les talons. Poivressel m’attend.

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Poivressel


- Que vas tu faire une fois que nous aurons remis le paquet au capitaine Poupe ?

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Séverin me dévisage alors que nous prenons un verre au bar de la plage de Poivressel. Monsieur Marco nous a abandonnés sur la grève avant de repartir pour Clémenti-Ville. Si cela ne tenait qu’à moi, il y a longtemps que je me serais débarrassé de ce lourdaud de Séverin. Mais à peine avons-nous posé le pied sur le sable qu’une bande de gamins en bouée est venue nous défier. J’ai du faire usage de Carol. La plage s’est teintée de rouge et dans la bataille, ma Medhyena est devenue une magnifique Grahyena. Et une fois que les mômes ont aperçu le monstre qui se tenait à mes côtés, les demandes de duels se sont subitement arrêtées. Et maintenant, nous prenons un repos bien mérité avant de terminer la mission que m’a confiée le père Rochard.

- J’encaisserai l’argent que ton patron m’a promis. Et je partirai de mon côté. J’ai quelques trucs à faire à Poivressel.

Le bar est rempli de marin et de jeunes filles assez jolies. Mon regard se balade malgré moi sur les derrières en bikini qui passent vers le comptoir. À côté de moi, Carol ronge avec détermination un os à moelle que lui a gracieusement donné le barman. Walter, Pic et Marilyn dorment dans leurs pokéball.

La voix de Séverin me ramène à la réalité.

- Ah, la fameuse mission… Tu as des indices ?
- Rien de probant pour l’instant.

Je ne peux rien dire à cet idiot. Il faut que je m’en débarrasse le plus vite possible. Je termine mon verre et le repose bruyamment sur la table. Carol lève la tête, les oreilles aux aguets.

- Allons-y. On a un colis à livrer.

Séverin acquiesce et finit son verre. Il va pour ramasser le paquet, mais son geste se suspend et une expression de surprise horrifiée s’affiche sur son visage rondouillard.

- Le colis !!
- Quoi ?!

En nous posant à ce bar, nous avions laissé le paquet sous la chaise de Séverin. Comment a-t-il pu disparaître ?

- C’est ça que vous cherchez ?

Nous nous retournons sur une magnifique jeune femme en maillot de bain. Son deux-pièces bleu couvre un corps de déesse. Ses yeux couleur ambre font écho à la crinière rousse qui lui descend jusque dans le bas du dos. Elle porte le paquet de Poupe sous son bras. Deux pokéballs sont accrochées à son bas de maillot.

- Vous aviez laissé ça à l’entrée. ǒaurait été dommage de l’oublier. J’ai cru comprendre qu’il était important…

Séverin lui reprend le paquet. La jeune femme a un mouvement de recul devant la brutalité de son geste. Je lui lance un regard assassin.

- Pardonnez à mon ami, ce paquet est plus qu’important pour lui.
- J’en suis sûre. Tâchez de ne pas le perdre à nouveau !

Je tente un sourire gêné. Elle nous abandonne en roulant des hanches. Séverin me donne un coup de coude dans les côtes.

- Joli morceau, mon ami.
- Oublie ça. Je ne suis l’ami de personne. Donnons ce paquet à Poupe et disparaît.

Je pense lui avoir coupé le sifflet pour un moment. Nous quittons la plage et entrons à Poivressel.

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Poivressel est une grande cité marchande. Exposée plein sud, la ville regorge de commerces et d’hôtels pour touristes en villégiature. Entre les marchands, les vacanciers et les gamins qui jouent sur les pavés, on peut dire que Poivressel ne manque pas d’animation. Nous traversons plusieurs marchés avant d’arriver au chantier naval de Poupe. Il me tarde de finir cette mission.

L’intérieur du chantier naval est sombre. Ça sent le l’huile de moteur et l’atmosphère résonne des bruits métalliques d’un outil cognant sur de la ferraille. Nous nous dirigeons vers l’homme qui semble le plus à même de nous renseigner.

Poupe ? Désolé. Il est au musée océanographique je crois.

Nous ressortons en direction du musée. Le soleil tape fort en ce début d’après-midi. J’ai l’impression d’avoir bu mon dernier verre il y a cent ans. Le vent est tombé. Et plus nous avançons en direction du musée, moins il y a d’agitation dans les rues. Séverin s’éponge le front.

- La chaleur, sans doute. Les gens restent au frais.

J’acquiesce sans l’écouter. Mon regard vient de rencontrer une silhouette en bermuda bleu avec un A stylisé brodé dessus. La Team Aqua ! Le sbire du tunnel Merazon ne m’avait pas menti. Ils sont bien ici. Mon regard se porte immédiatement sur Séverin et le paquet qu’il porte sous le bras. Le perdre maintenant serait une erreur impardonnable. Je garde mes mains crispées sur mes pokéballs. Prêt à dégainer.

Et puis nous arrivons devant le musée.

L’esplanade devant le bâtiment est vide. C’est trop calme. Serait-il arrivé quelque chose au capitaine Poupe ? Nous fonçons à l’intérieur.

Eeeeeeet… Rien. Des touristes. Un car de touriste prenant en photo des maquettes de sous-marin, de bateau, ou des mobiles représentant le principe de flottabilité. Pas de quoi s’alarmer. Les visiteurs parlent bruyamment et Séverin peine à demander à la réceptionniste où se trouve le capitaine Poupe. Et quand il se tourne vers moi, c’est pour me crier à l’oreille :

- Il est à l’étage !

Nous nous faufilons à travers la foule pour accéder à l’étage. La rumeur du rez-de-chaussée s’estompe quand nous arrivons sur le palier. Il n’y a pas âme qui vive ici. Seulement un homme voûté qui dessine des croquis devant une maquette de sous-marin. Plongé dans ses dessins, l’homme ne nous entend pas arriver.

- Capitaine Poupe ?

Mon interlocuteur sursaute, surpris. C’est un homme d’une cinquantaine d’années au visage buriné par les embruns. La blouse blanche qu’il porte sur ses maigres épaules contraste avec sa dégaine de vieux loup de mer. Il range son bloc-notes dans une poche intérieure de son manteau avant de nous tendre la main.

- Ah ! Vous devez être les livreurs de chez Devon. Monsieur Rochard m’a appelé pour me prévenir de votre arrivée. Je ne vous attendais pas si tôt. Je suis Poupe, le capitaine Poupe. Enchanté.
- De même ! Je me présente : Séverin. Je travaille pour Devon. Et voici Apollo. Mon garde du corps.

J’émets un grognement sonore. Garde du corps. Et puis quoi encore ?

Poupe ouvre le colis que lui a remis Séverin. Son regard s’illumine.

- Oui ! Tout ce dont j’ai besoin pour terminer mon sous-marin ! Je vous remercie messieurs. J’avais peur que ce colis tombe entre de mauvaises mains.
- Définissez : mauvaises mains ?

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Mes propres mains glissent malgré moi sur la pokéball de Carol que je libère sans même y réfléchir. Ma Grahyéna pousse un grognement rauque en direction du nouveau venu. Des nouveaux venus.

- Donnez-nous ce paquet et aucun mal ne vous sera fait.

Les deux individus qui se tiennent en face de moi portent des shorts et des marcels comme n’importe quel touriste du rez-de-chaussée. La Team Aqua était déjà sur place, déguisée.

- Il faudra passer sur Apollo d’abord !

Je lance un regard équivoque à Séverin qui me répond par un haussement d’épaules faussement gêné. Mais le temps de reporter mon attention sur les deux sbires qui me font face,  deux Carvanha se jettent sur Carol, tous crocs dehors.

- Carol ! Étripe-les !

Ma Grahyèna se jette sur ses deux adversaires dans un grognement de prédateur affamé. Malgré l’absence d’eau dans la pièce, je trouve les Carvanha incroyablement vifs. Par plusieurs fois ils échappent de peu à l’attaque morsure fatale. Et puis l’un d’eux est attrapé par le bout de la queue. Carol ne lâche plus sa proie. Saute pour esquiver son deuxième adversaire et remue frénétiquement la gueule sans écouter les exclamations de surprise et de douleur du Pokémon eau. La mince pellicule de peau qui attachait la queue finit par casser, et le Carvanha est jeté dans un coin, mutilé.

- Mon Carvanha ! Espèce de sale…
- Laisse-moi en finir avec lui. Carvanha ! Attaque morsure !
- Carol, riposte !

Les crocs acérés de Carol se referment sur la peau bleue et rouge de son adversaire qui referme lui ses mâchoires dans le vide. Un couinement de douleur m’informe que ma Grahyèna s’est blessée. Elle relâche le Carvanha qui, paralysé par la peur, ou trop heureux de s’en être tiré vivant, reste tétanisé.

Je remarque que l’autre Carvanha a été rappelé par son propriétaire. Quant au premier, le manque d’eau lui pose de gros problèmes. Sa peau sèche et ses halètements trahissent une déshydratation mortelle. Mais il garde l’envie de se battre. Très bien. Alors abrégeons ses souffrances.

- Arrêtez !

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Carol est à quelques centimètres de réduire le poisson en bouillie, mais elle relève la tête et découvre ses crocs en grognant. Derrière les sbires, un troisième homme vient d’apparaître. Il porte un élégant costume noir et un bandana bleu. Il doit avoir mon âge. Un A stylisé en ferraille pend au bout d’une chaîne. J’ai le sentiment qu’il n’est pas le premier sbire venu.

- Cessez les combats ! La mission de Sarah est un succès. Nous n’avons plus besoin de ces pièces. Nous levons le camp.

Le deuxième Carvanha retourne dans sa pokéball. Grahyèna pousse un gémissement de déception, comme si on lui avait retiré son jouet. Les deux sbires se mettent au garde-à-vous.

- Chef, oui chef !

Le trio quitte l’étage.

- Un instant.

Le chef s’arrête et se tourne vers moi.

- J’ai vu la manière de combattre de ton Grahyèna. Il y a beaucoup de haine en toi Apollo.
- Vous savez qui je suis ?
- Je sais que tu as livré un de mes gars à la police, à Mérouville. Je sais que tu as… Travaillé à Sinnoh. Je sais aussi quelle est ta mission à Hoenn. Je suis Arthur, chef de la Team Aqua.
- Alors fini la parlotte ! Carol ! Immobilise-le !

Carol bondit sur l’homme en noir. Mais avant même qu’elle ne puisse le toucher, un Pokémon se dresse devant elle.

- Ultrason, Nosferalto !

Un crissement suraigu vient immédiatement me percer les tympans. Carol se roule au sol en gémissant. Inconsciemment, je tombe à genoux en me bouchant les oreilles. J’entends Séverin et Poupe crier de douleur. Autour de nous, les vitrines en verre se fissurent. Je me roule en boule en espérant survivre à l’onde de choc.

Le calme retombe sur le premier étage du musée océanographique. Les larmes aux yeux, je me relève en titubant. Plus de trace d’Arthur. Ni de ses sbires. Le musée est désert. Je me masse les tempes en soupirant. Je me suis fait avoir comme le dernier des abrutis. Et maintenant, il a filé. Je me retrouve donc sans piste. Fais chier.

Séverin et le capitaine Poupe sont en intense discussion. Je les laisse et sors sur l’esplanade pour m’allumer une clope. Carol me suit, l’air circonspect. Je sens qu’elle n’a pas eu satisfaction lors du dernier combat.

- Ne me regarde pas comme ça. Je ne pouvais pas savoir qu’il allait utiliser un Pokémon. Il est rapide.

Carol continue de me fixer intensément. J’essaye de me concentrer sur l’horizon. Le soleil commence à décliner lentement sur l’océan.

- Allons nous entraîner. J’ai besoin de me défouler.

Route 110


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La route 110 est un vivier de Pokémon faibles. Pic, Marilyn et Walter s’en donnent à cœur joie. Carol reste à l’écart. Je crois qu’elle digère mal sa pseudo défaite. Et même lorsque j’attrape une Dynavolt (renommée Tesla), elle ne daigne pas lui grogner au museau. Elle ne va pas bien.

Marilyn ratatine les dresseurs de tout poil qui osent me défier. Je perds Tesla peu de temps après un rude combat contre le Rosélia d’une aromathérapiste. Cette saleté me l’a empoisonné, et je n’avais plus d’antidote.


Poivressel


Tesla meurt dans mes bras sur le chemin du centre Pokémon. Walter lui creuse une sépulture décente sous un arbre. Je n’éprouve aucun pincement au cœur, aucune peine. Je n’ai pas eu le temps de m’attacher à ce Dynavolt. Mais son sacrifice m’aura permis de penser à acheter des antidotes.

Mon Pokénav vibre. C’est Séverin. J’ai fortement envie de le laisser sonner dans le vide.

- Qu’est-ce que c’est ?
- Ah ! Apollo ! Où es-tu ? Le capitaine Poupe est reparti à ses machines et moi je rentre à Mérouville. Monsieur Rochard était très satisfait que la livraison se soit bien passée. Il te remercie. Tu devrais avoir la deuxième partie de ta paie dans la soirée.
- Génial. Bye.
- A-attend !
- Quoi ?
- Merci de m’avoir sauvé à plusieurs reprises des mecs de la Team Aqua. Je te souhaite bon courage pour ta miss…

Je raccroche. Pas besoin de son empathie à deux balles. La priorité est de mettre le grappin sur la Team Aqua. Ou Magma. Où aller maintenant ? La carte de mon navigateur indique que la ville la plus proche de Poivressel est Lavandia. Je sais qu’une arène m’y attend. Je pourrais y aller… Sitôt une bonne nuit de sommeil derrière moi.

- A-Apollo !

Une voix timide m’interpelle alors que je franchis la porte de Poivressel. Le soleil a disparu derrière l’horizon. Je me retourne pour retrouver…

Timmy ?
- Bonsoir. Je me disais bien que je t’avais reconnu. De loin.

Ce gamin vient de réussir à aligner plus de trois mots à la suite. Quel exploit !

- Que fais-tu ici ? Je te croyais chez ta famille à Clémenti-Ville. Tu t’es perdu ?
- Non, j-je suis ici en vacances avec mon oncle et ma tante. On habite à Vergazon, mais pour profiter de l’été, mon Tarsal et moi, on est descendu sur la côte.

Je m’en fous. Je m’en fous.

- Cool.
- Parce que je suis de constitution fragile…

Repousser les gamins ne se fait pas. En plus il y a plein de monde dans cette foutue rue.

- Et qu’avec cette Team Magma qui rôde à Lavandia, je n’étais pas rassuré.
- Oui, non écoute gamin je dois… Quoi ?!

Timmy a un hoquet de surprise.

- La Team Magma à Lavandia ?
- Je… Je…
- Réponds !!
- On a vu des gens en rouge quand on est passés par Lavandia. Ils avaient l’air louche et se revendiquaient de la Team Magma. Ils disaient qu’ils partaient pour Autéquia…

Autéquia ? Jusqu’où cette traque va-t-elle me mener ?

Je tourne les talons. Direction Lavandia. Tant pis si je dois passer ma nuit à marcher. Il ne faut pas que je laisse échapper cette chance d’avoir de nouvelles pistes sur la Team Magma.


Route 110


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Et me revoilà sur cette route 110, interminable. J’ai libéré tous mes Pokémon et nous écrasons le moindre adversaire qui ose se dresser sur notre chemin. Marilyn me fait forte impression. Elle possède un don particulier qui consiste à bluffer l’adversaire en une petite attaque très rapide. Cette attaque ne marche qu’une fois sur un combat, les adversaires ne sont pas dupes, mais elle est particulièrement efficace contre la faune, exceptionnellement faible. Et puis, au terme d’un combat sans merci contre un Posipi sauvage, Marilyn évolue. Ses poings grossissent, sa carrure se fait plus imposante. Et devant moi se tient la nouvelle force de frappe de mon équipe. Walter semble un peu jaloux et je remarque que même Carol baisse les oreilles devant mon Hariyama.

Pic nous survole à distance prudente. Il nous prévient quand des Pokémon sauvages viennent nous attaquer. Chacun y met du sien.

La lune est très haute dans le ciel. L’heure est bien avancée. Et mes Pokémon commencent à fatiguer. Je rappelle la troupe et m’assieds contre un arbre. Le temps de faire une petite pause.

- Bien dormi ?

J’entrouvre un œil. La lumière du soleil me fait échapper un grognement. Je roule sur le côté en lâchant un juron.

- Debout le vieux !

Flora ? Je redresse d’un coup en vérifiant que mes pokéballs sont à portée. Cette peste ne me lâche jamais ma parole.

- Qu’est ce que tu fous là de si bon matin ? Tu veux que je te colle une nouvelle raclée ?

La fille du professeur Seko éclate de rire. Je me redresse sur mon séant. Elle s’accroupit devant moi, son visage à quelques centimètres du mien.

- Non. Je ne suis pas là pour me battre. Et il est midi passé.
- Quoi ?!

Je me jette sur mon Pokénav. J’ai dormi trop longtemps. Beaucoup trop longtemps.

- Et merde !!
- Relax. Je suis là pour te donner une information.
-… ?

Cela ne lui ressemble pas. Qu’a-t-elle derrière la tête ?

- Que veux-tu en échange ?
- Que tu arrêtes de foncer bille en tête quand tu vois un costume bleu ou rouge. On veut arrêter les leaders des Team Aqua et Magma mais ils ne seront placés sous les verrous que lorsqu’on aura des éléments à charge contre eux. Si tu continues à ne pas réfléchir avant d’agir, c’est toi qui passeras pour le méchant. J’ai autant envie que toi que cette mission se termine. Tu crois que je vais passer ma vie à surveiller un vieux mec pas foutu de garder ses Pokémon en vie ?
- Je…

Je dois bien avouer qu’elle m’a coupé la chique, la gamine. Elle a raison. Mais après tout, je n’ai fait que riposter lorsque l’on m’a attaqué.

- Le mieux reste encore d’infiltrer les teams de l’intérieur. Pour un ancien de la Galaxie, ça ne devrait pas poser trop de problèmes, non ?
- La ferme.
- …
- J’essaierai de faire de mon mieux.

Elle recommence à me gonfler.

- Lâche ton info.

Flora émet un soupir sonore.

- Bon. Je sais que Voltère, le champion d’arène de Lavandia, s’est fait voler il y a peu une machine qu’il rafistolait dans les entrailles d’une vieille centrale du coin. Selon lui, ce serait des gars de la Team Magma qui ont fait le coup. Il pourrait t’en dire plus.

Je grogne un vague remerciement dont elle semble se contenter. Elle se redresse pour s’étirer.

- Je te laisse. J’ai à faire. Mais ne t’inquiète pas, je saurai où te trouver quand j’aurai besoin de te parler.

Avec une mimique enfantine, elle se gratte le poignet. L’endroit précis où j’ai cette foutue puce de géolocalisation. Je me relève et amorce un geste menaçant vers elle, mais elle disparaît dans un éclat de rire. Petite garce.

Le soleil est bien haut et il fait chaud. J’attrape mon sac à dos et presse le pas vers Lavandia.

- Voltère est parti s’entraîner à Vergazon. Vous pourrez peut-être le voir là-bas ?

Le gardien de l’arène refuse de me laisser entrer malgré mes tentatives répétées. Je pousse un soupir de déception et pars en direction de Vergazon. Évidemment, la ville est déserte de toute trace de la Team Aqua ou Magma. Pas un indice pour m’aiguiller sur une voie à prendre. Je suis à sec.

Pic vole en cercles autour de moi. J’ai décidé de le faire travailler un peu. Entre Lavandia et Vergazon, il y a la route 117. Ce sera l’occasion de découvrir la faune locale et de réviser mes classiques avant d’affronter le maître du type électrique.

Route 117

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Eeeeet le premier représentant de la faune locale que je rencontre est un Mystherbe. Enfin une, puisqu’à défaut d’avoir de la chance avec les femmes, les Pokémon femelles semblent avoir un attrait tout particulier pour moi. Bon. Ce sera Monique.

Je sauve Monique des terribles pouvoirs psychiques de Pic. À trop vouloir en faire, mon Papinox allait me zigouiller une potentielle nouvelle alliée. Et ma Mystherbe semble tout à fait capable d’assurer un rôle au sein du petit groupe. Entre deux combats avec les dresseurs du coin, j’en profite pour lui présenter le reste de mon équipe. Carol l’ignore sitôt après l’avoir reniflée, Pic s’amuse à lui faire peur, quant à Marilyn, elle manque de l’écraser par inadvertance. Génial. Seul Walter semble prendre plaisir à découvrir une nouvelle tête. Un timide contact se noue et j’en profite pour les faire combattre côte à côte en match double. Très vite, l’entraînement de Monique porte ses fruits. Elle évolue en Ortide. Si sa puissance en combat s’en retrouve quasiment doublée, l’odeur pestilentielle qu’elle dégage exclut radicalement toute interaction sociale avec le reste de mes Pokémon. Carol pousse un couinement de surprise, Marilyn manque de s’évanouir, Pic part s’envoler très haut et même Walter semble avoir toutes les peines du monde à assurer le combat à ses côtés. De mon côté, je ne  peux m’empêcher de ressentir des haut-le-cœur quand je libère Monique de sa pokéball. Reste qu’elle fait un travail admirable au combat.

La nuit commence à tomber et j’arrive en vue de Vergazon. Sur le chemin qui mène au bourg, un homme avance dans ma direction. Il porte un bermuda, une chemise colorée, des sandales et un pendentif autour du cou qui ressemble à un éclair. Sa barbe cache l’expression de sa bouche, mais son front plissé accusant les rides de son visage trahit l’attitude d’un homme préoccupé. Je l’interpelle alors qu’il passe à ma hauteur.

- Voltère ?

L’homme se retourne vers moi en souriant.

- Qui le demande ?
- Je suis Apollo. Je parcours la région pour une mission particulière. J’aimerais parler au champion de Lavandia.
- Il est devant toi, jeune homme.

Mon intuition était juste. Les rides de fatigue se sont estompées sur le visage du vieil homme qui affiche un air serein et reposé. Il me fait signe de m’asseoir sur un banc tout proche. Je rappelle mon équipe et nous nous posons pour regarder les joggeurs dans la lumière du soleil couchant.

- Je cherche des informations sur la Team Aqua et la Team Magma. On m’a dit que vous pourriez m’aider.
- Ah… Effectivement, j’ai eu affaire à eux.
- Qui avez-vous vu ? Où sont-ils allés ? Qu’ont-ils fait à Lavandia ?

Voltère éclate de rire. Ce n’était pas vraiment la réaction que j’attendais. Je le dévisage en me demandant s’il a vraiment toute sa tête.

- Halte-là mon garçon. Qu’est-ce qui me prouve que je peux te faire confiance ? Qui me dit que tu ne vas pas essayer de me rouler toi aussi ?
- Pardon ? Je suis un voyageur sans aucun lien avec cette racaille. Je suis plutôt bon dresseur, j’ai déjà battu deux arènes à Hoenn et…
- Deux arènes ? Eh bien le niveau a sacrément baissé à Hoenn ! Si tu es tel que tu le prétends, tu n’auras aucun mal à me battre ! Battons-nous ! Ici et maintenant !

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Quelques joggeurs curieux ont arrêté leur footing pour écouter notre conversation. Un petit groupe commence à se former, alerté par les cris de Voltère. Moi qui voulais me faire discret…


- Allez ! Battons-nous ! Si tu me bats, je te donnerai les informations que tu souhaites. Sinon, hors de ma vue !

Bon. C’en est trop. J’attrape mes pokéballs et me met en position. Voltère se relève, s’étire et vient se placer en face de moi. Le chemin de terre est notre arène. Les joggeurs et les gamins, notre public. L’atmosphère est crépusculaire.

Voltorbe je te choisis !

Un type électrique de base. Les types plante sont quasiment insensibilisés à leurs attaques. Monique est un bon choix. J’envoie mon Ortide affronter la balle rouge et blanche qui tremble comme si elle allait exploser.

- Monique ! Paralyse-le !

Ortide lâche un nuage de spores paralysantes qui semblent faire mouche. Mais le Voltorbe ennemi n’en est pas déstabilisé pour autant.

- Onde de choc !

Monique prend l’attaque électrique de plein fouet, mais n’en a cure. Elle m’affiche un large sourire. Ce combat l’amuse.

- Vol-vie !
- Onde de choc !

Ces spores ne font absolument pas leur travail de spores. Je ne connais pas le métabolisme des Voltorbe, mais ils doivent être un minimum organiques et être UN MINIMUM affectés par la paralysie ! Mais non.

- Onde de choc à nouveau !

Bon. S’il continue sur cette lancée, le duel est gagné d’avance. Monique récupère de l’énergie à chaque attaque vol-vie et son adversaire est presque au tapis.

- Vol-vie, finissons-en.
- Je ne crois pas, non. Voltorbe, DESTRUCTION !!!

Tout se passe en une fraction de seconde. Le public pousse une clameur de surprise et tout le monde fait un pas en arrière. Voltorbe irradie d’une lumière vive et émet un bourdonnement. Monique me fait un large sourire et part pour son attaque vol-vie.

Et puis l’explosion.

Ce n’est pas une gigantesque explosion, lorsque nous faisions sauter des immeubles ou un lac entier au C4 à Sinnoh. Non. Mais le cratère qui se creuse à la place où se tenait le Voltorbe quelques secondes auparavant m’indique que la puissance était conséquente. Quant à Monique, elle a disparu.

Je sors cherche frénétiquement dans mes pokéballs sa sphère de résidence et cherche à la rappeler en lançant le rayon au hasard dans la foule. Mais rien. Monique ne reviendra pas. Je jette la pokéball par terre d’un geste rageur et lui donne un coup de talon. La sphère se brise dans un craquement de métal et de plastique.

Dynavolt ! C’est à toi !

Voltère me fixe intensément pour observer ma réaction. Lui aussi vient de perdre un Pokémon. Pourtant, cela ne semble pas l’émouvoir. Au contraire. Il a l’air encore plus en forme et semble en redemander. Très bien.

- Walter.

Mon Flobio sort de sa pokéball. L’odeur de brûlé, le cratère, la pokéball brisée… Je n’ai pas besoin d’en dire plus. Il comprend.

- Cette équipe a tué Monique. Tu sais ce qui te reste à faire.
- Dynavolt ! Vive-attaque !

Le Dynavolt de Voltère part au-devant de Walter qui l’accueille avec un tir de boue bien placé. Le roquet électrique valse à l’autre bout du terrain, K.O..

Magnéton ! Punis cet impudent !
- Tir de boue, encore.

Je n’ai même pas besoin de regarder le combat pour savoir que Walter massacre l’équipe de Voltère. J’aurais peut-être du l’envoyer en premier. Mais aurait-il survécu à une explosion ? J’en doute.

Les rumeurs de la foule se font de plus en plus sonores. Le public autour de nous est maintenant conséquent. Tous acclament Walter comme le challenger qui réussit à faire plier le champion de Lavandia. Les encouragements à Voltère se font plus rares. Un bruit de ferraille m’annonce que le Magnéton adverse est tombé sous les coups de mon Flobio.

- Parfait. J’utilise maintenant mon dernier Pokémon. Élecsprint !

Le Pokémon arrive sur le terrain en découvrant ses crocs. Il est aussitôt accueilli par un tir de boue de Walter qu’il esquive avec grâce.

- Vive-attaque !
- Esquive et finis-le !

Élecsprint parvient à toucher Walter qui amorce un mouvement de recul avant de vite se redresser. Mon Pokémon fixe son adversaire qui retombe sur ses quatre pattes. Les deux combattants s’observent.

- Vive-attaque, encore !

Élecsprint fonce sur Walter qui ne bouge pas. Il attend les ordres. La foule retient son souffle alors que le Pokémon électrique se rapproche de plus en plus. Bande de crétins… Le match est déjà joué.

- Tir de boue pleine puissance !!

Image title

Walter relève la tête et vomit une giclée de boue en direction de son adversaire. L’Élecsprint affiche une expression surprise et dégoûtée, mais trop tard : lancé dans son attaque, il ne peut esquiver. Comme Dynavolt, c’est à l’autre bout du stade, aux pieds de son propriétaire, que s’écroule le dernier Pokémon de Voltère.

Un calme relatif s’installe sur la route 117. Et puis, petit à petit, des applaudissements et des rugissements de plaisir fusent de la foule. Les gens ont apprécié le spectacle. Voltère s’accroupit auprès de son Élecsprint et lui caresse le front en lui murmurant quelque chose que je n’entends pas. Il rappelle son Pokémon puis vient vers moi.

- Ah ah ! Tu m’as eu Apollo. Moi qui ai lancé toutes mes forces dans la bataille, je ne pensais pas avoir autant de difficultés à battre ton Flobio !

Il me bourre les côtes et signe des autographes en rigolant. Ce mec m’a buté Monique.

- Ah ! Avant que j’oublie.

Il me tend un morceau de métal jaune.

- C’est le badge de mon arène. Tu étais finalement assez bon pour me battre !

Je jette le badge dans mon sac.

- Concernant mes infos…
- Ah ! Oui. Viens avec moi sur la route 110. Je te dirais tout. On se revoit demain !

Je le laisse se faire happer par la foule. Son visage soucieux de tout à l’heure a laissé place à la bouille d’un papy rigolard qui fait des blagues et rigole fort. Écœuré, je quitte la route en contournant le cratère et me dirige vers Lavandia au pas de course. Flobio trottine derrière moi avec la tête d’un Pokémon qui a mille trucs à me reprocher. Je le rappelle sans lui jeter un regard et accélère le pas.


RIP in peace :

Tesla

Monique


Par Nemuru

  • Kanakami11/04/15 à 19:15
    Mes respects =)
  • kiiro6410/04/15 à 17:09
    trop bon!!
  • Aarion09/04/15 à 18:34
    La meilleure fic' que j'ai jamais lue ;) Bonne continuation !
  • Doctor Yadon08/04/15 à 18:11
    T'as en projet d'écrire des livres, parce que franchement, ça serait géniale :j'adore ta façon d'écrire !
  • Skaya (la reine ABSOLU des pokmon)08/04/15 à 18:02
    ...Nemuru...Frach'ment...Respect vieu...Dire autant de truc en si peux de lignes...Molière c'est un couille molle à coté de toi.
  • Doctor Yadon08/04/15 à 16:44
    C'ÉTAIT SUPER!!!!!!!!
  • floskyruner08/04/15 à 16:31
    toujours aussi bien vivement la suite
  • Dr Pickels08/04/15 à 14:22
    Chapitre très bien construit,j'attend la suite avec impatience
  • Nemuru07/04/15 à 22:35
    Mon dessinateur préféré a été pris par ses études. Mais il m'a dit qu'il reprendrait le crayon pour le chapitre 4 si les illustrations vous manquent trop.
  • Zephy07/04/15 à 22:13
    C'est vrai que j'ai hâte que les illustrations reviennent, ça rajoute quelque chose ^^ sinon pour avoir lu le manga LGA, on peut dire que ton histoire se rapproche de ce style mais reste un peu plus sombre, évidemment et j'adore :)
  • Naopil07/04/15 à 19:32
    Je l'attendais avec impatience et je dois dire que je ne suis pas déçu. Il est excellent, comme les précédents. La transition est peut être un poil rude mais ça n'impacte en rien le récit, c'est vraiment réussi.
  • lolguy 07/04/15 à 19:11
    Et pourquoi personne n'en a rien à faire de tesla ?
  • Un passant ordinaire07/04/15 à 19:05
    Et je compatis à propos de Monique, j'ai déjà perdu mon starter sur un nuzlocke à cause de ce même Voltobre
  • Un passant ordinaire07/04/15 à 19:04
    J'aime bien comment tu fais passer Voltère, le mec censé être plus que sympa, pour une immonde enflure. Continue !
  • la folle07/04/15 à 19:02
    tu aurai du le fare evoluer
  • jahaha07/04/15 à 15:47
    Monique :'( ...
    Excellente chronique, comme d'habitude. Et +1 pour les musique, ça rajoute vraiment un ambiance
  • razertyty07/04/15 à 13:21
    C'est vraiment goooood et prenant ! Cela dit, la petite patte du dessinateur des deux premières illus me semble être un must have pour accentuer les émotions ressenties durant cette épopée !
    En tout cas, bonne continuation ! ;)
  • Tomycase07/04/15 à 12:36
    Bon au moins Monique sera morte le sourire aux lèvres ^^'
  • Touze07/04/15 à 12:26
    Like
  • LePutride07/04/15 à 03:38
    tamere, il s'agit d'un meme.
  • tamere07/04/15 à 02:19
    >RIP in peace
    >rest in peace in peace
  • zapperr07/04/15 à 01:03
    PARFAIT a part 4/5 fautes ;) Vivement le prochain episode! Tu dechires!
  • etouraptor07/04/15 à 00:34
    Ton histoire est vraiment génial et super bien écrite
  • Dakhoss07/04/15 à 00:30
    Franchement toujours aussi bien, continues j'ai hâte de lire la suite!
  • un passant07/04/15 à 00:09
    Toujours aussi intéressant! C'est dommage pour Monique...
  • infini07/04/15 à 00:05
    Excellent.