Twitch Plays Pokémon : chronique d'une légende

Thocast s'attaque à un monument de la Pokéculture. Mème pas peur.

Nemuru


Yo, jeunes fripons. Après Xephyr, c'est notre monsieur Facebook national, Thocast qui se prête à l'exercice périlleux de la news de fond. Et préparez vous à du lourd parce qu'il vous a mitonné rien de moins que les annales de Twitch Plays Pokemon. Du lourd, du très très lourd. Ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais le demander, c’est maintenant. Alors on dit merci à Thocast, on fait sa prière à Lord Helix, et on savoure. Bonne lecture.
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Un an. Il y a un an déjà que commençait la saga Twitch Plays Pokémon, et avec elle l’un des plus importants phénomènes qui ait agité la pokésphère, voire le monde des jeux vidéo. À moins d’avoir été plongé dans le coma pendant toute l’année 2014, comme ce bon vieux Sacha, vous ne pouvez pas avoir oublié l’engouement créé par le jeu au début de l’année passée. Joueurs, programmeurs, artistes, vidéastes, écrivains amateurs, les Internets entiers semblaient tourner autour de TPP. Même les médias mainstreams ont embarqué dans le Hype Train (avec plus ou moins de succès).

De mémoire de joueur, on n’avait plus connu ça depuis, allez, le début des années 2000, quand la grande vague Pokémon déferlait sur les cours de récré au grand désespoir des nos parents et de Ségolène Royal. Pourtant, cette fois les choses avaient changé : ce n’était pas Nintendo qui était aux commandes de ce buzz inespéré, mais bien les fans, la communauté dans son ensemble. C’est en partie ce qui a fait la magie du phénomène.

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Les vrais savent

En un an me direz-vous, on aura bien eu le temps de vous construire un site entier sur le sujet, et il faudrait bien ça pour couvrir tous les aspects de TPP. Eh bien que nenni, mes petits. À l’occasion des célébrations du premier anniversaire de Twitch, on s’est rendu compte avec effroi qu’on n’avait jamais pris le temps de s’atteler à un dossier en profondeur. C’est cette lacune que je vais tenter de combler aujourd’hui. Et quitte à être en retard, autant en profiter pour être complet : je tâcherai de revenir en premier lieu sur l’impact du jeu IRL, puis de revenir sur la progression dans le jeu en lui-même, sa mythologie et ses légendes. Trêve de start9 et commençons notre voyage.

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Twitch Plays Pokémon : les origines

Pokémon, c’est aussi pour les grands, alors au cas où il y aurait des grands-parents parmi nous, on va reprendre à la base de la base. Twitch est une plateforme américaine permettant à ses utilisateurs de diffuser et commenter des vidéos en live. Les joueurs ont bien évidemment très vite compris son potentiel et l’ont peu à peu colonisée, ce qui leur permettait de jouer en direct tout en communiquant avec leur public. Pokémon Trash a d’ailleurs le sien depuis peu, venez on s’amuse bien. 

Très vite, de nouveaux projets apparaissent sur la plateforme et tentent de repousser encore plus loin l’interaction avec les joueurs. On peut citer SaltyBet, une chaîne permettant aux joueurs de parier sur le résultat de combats entre IA sur le jeu de combat MUGEN. Cette première tentative aurait d’ailleurs inspiré fortement le principe de TPP.

Le 13 février 2014 (la veille de la Saint-Valentin, j’en connais un qui devait se sentir seul), un programmeur Australien anonyme, puisse Arceus bénir ses kangourous, lance la chaîne Twitch Plays Pokémon. Le jeu présente une innovation notable : grâce à un bot programmé en Python, un émulateur Game Boy Advance et un petit programme codé en Javascript, les spectateurs peuvent rentrer directement leur commande dans le jeu via la chatbox. Sur cette base d’apparence très simple (enfin je dis ça, mais moi j’ai rien compris, mais vous pouvez lire le dernier Hack’n Trash en date si vous vous voulez pousser la conscience professionnelle), une véritable révolution était née. Ce qui devait à la base constituer un simple test pour voir si son programme fonctionnait est devenu, en quelques jours, un phénomène mondial. 

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Il faut dire que le choix du jeu n’a pas été pour rien dans l’incroyable succès remporté par la suite. Le streameur a justifié son choix en expliquant que Pokémon a l’avantage d’être un jeu où il est assez difficile de perdre (sauf pour Neoxys), au gameplay très simple, où il n’est jamais nécessaire de tenir deux touches en même temps, d’appuyer sur un bouton dans un certain délai ou de respecter une contrainte de temps (rappelez vous, le Repousse comme le Parc Safari sont calculés sur base du nombre de pas). De plus, il était relativement facile de surfer sur la popularité de Pokémon, qui dispose de base d’une communauté imposante et très active (surtout la nôtre, évidemment). Qui n’a pas joué à Pokémon Rouge en son temps, qui ne connait pas les 151 premiers Pokémon et les mécanismes du jeu ? Ces paramètres ont beaucoup joué sur la popularité et l’accessibilité de TPP.

Pour info, il s’agissait en réalité d’une version hack du jeu où le 151 pokémon étaient disponibles, afin que les joueurs puissent compléter le Pokédex s’ils le désiraient. En final ils en ont eu 30, mais l’intention y était on va dire.

Une croissance exponentielle

Si le premier jour, le stream a relativement peu de succès, le buzz va croître incroyablement vite. Le 14 février, la chaîne comptait déjà plus de 175.000 vues. Trois jours plus tard, elle en comptait  6.5 millions. Le 20 Février, soit moins d’une semaine après le lancement du stream, la chaîne avait 17 millions de vues et descendait rarement sous les 60.000 vues en live et les 6.000 participants. Au final, le jeu se termina avec 36 millions de vues, 658.000 participants et un pic à 120.000 vues simultanées, fracassant les serveurs de Twitch et le Livre des Records au passage, en raflant le record du “plus de participants sur un jeu vidéo solo” (on est d’accord dit comme ça, ça a l’air facile, mais le record était quand même à 1.165.140, rigolez pas) et une récompense aux Game Awards 2014 dans la catégorie “Meilleure création de fans”.

Dès les 3 premiers jours de son existence, TPP fut propulsé en “front page”, si on peut dire, de Tumblr, Reddit et 4chan. Tous trois participèrent fortement à la création de memes et de légendes entourant l’aventure, ainsi qu’à sa popularité en général. Très vite, les sites Pokémon et de Jeux vidéo consacrèrent de longues tribunes au phénomène, voire se lancèrent dans des comptes rendus quotidiens. Kotaku, The Independent, The Financial Post, ou encore Le Monde, le Figaro et Canal + (avec le succès qu’on lui connait), tous s’emparèrent de l’événement. 

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(rep a sa la religion)

Évidemment, quelques opportunistes ont tenté de surfer sur l’événement et on a vu fleurir des Twitch Play Zelda/Mario/Street Fighter II/Goat Simulator (non pas ça, mais ça aurait été cool). Cependant, si certains s’en sont plutôt pas mal tirés (TP Tetris, entre autres), le succès n’a jamais été le moins du monde comparable avec celui de TPP Pokémon.

Étrangement, les sites Pokémon francophones restèrent quelque peu à l’écart de l’engouement collectif. Je gérais alors la page Facebook de Pokémon Trash (je le fais d’ailleurs encore, big up), et je me rappelle de ma stupeur lorsque j’ai constaté qu’on était les seuls à y faire référence. Encore aujourd’hui je ne m’explique pas cette inertie. On ira leur demander. 

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Les sites Pokémon francophones pendant le combat contre Peter

Ce qu’Helix nous a enseigné

Si cette aventure a tellement marqué les esprits (et beaucoup moins les versions qui ont suivi), ce n’est pas que grâce à l’effet de groupes et aux memes. Par bien des égards, TPP fut une expérience sociale, qui sera étudiée dans les cours de sociologie, histoire de l’art et théologie pour les siècles à venir. C’est Helix qui l’a dit.

Premièrement, le fait que les joueurs parviennent à vaincre la ligue et terminer le jeu est venu confirmer ce qu’on appelle le Théorème des Singes infinis, qui dit en gros que si on met une infinité de singes devant un clavier d’ordinateur et qu’ils tapent des commandes au hasard, ils finiront par taper Fifty Shades of Grey (c’est d’ailleurs surement comme ça qu’il a été écrit). Certes, ici le hasard n’est pas complet, puisque les joueurs avaient un but précis, mais il n’empêche que malgré le caractère fortement aléatoire des commandes tapées et le lag de 20 secondes, le jeu a pu être terminé avec succès. 

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Sur le plan politique aussi, Twitch a beaucoup à nous apprendre. Alors que Red était bloqué depuis une journée entière dans le repaire de la Team Rocket, incapable de s’échapper des tapis roulants, le streameur a jugé utile de changer le système de jeu et de passer en mode Démocratie. Désormais, ce ne sont plus toutes les commandes qui sont prises en compte par le jeu, mais la commande la plus populaire au cours des 30 dernières secondes de jeu. Certes, c’est lent, mais ça fonctionne. Cependant, ce système va causer une véritable fracture entre joueurs, nombre d’entre eux estimant que l’esprit même de l’expérience en était dénaturé. Il s’agit presque d’un débat philosophique : ce qui compte, c’est d’arriver au bout du chemin, ou l’effort qu’on fournit sur le chemin lui-même ?

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Suite à la révolte des partisans de l’anarchie, qui ont spammé le chat à coup de ヽ༼ຈل͜ຈ༽ノ RIOT ヽ༼ຈل͜ຈ༽ノ et start9, une commande qui ouvre et ferme à de multiples reprises le menu, le système est à nouveau modifié. Désormais, un système de vote est inclus : 50% de votes favorables font passer le jeu en mode Anarchie, tandis que la Démocratie nécessite une majorité spéciale, soit 75% de vote en sa faveur. On en arrive donc à un système d’union des contraires assez intéressant.

On a vu qu’en de nombreuses occasions, la Démocratie a permis aux joueurs de sortir de situations en apparence insolubles, comme le Parc Safari ; mais ce système n’aurait absolument pas fonctionné si un nombre important de joueurs ne s’étaient pas au préalable coordonnés sur les réseaux sociaux, établissant calculs et stratégies. Ces stratégies ont d’ailleurs souvent été mises à mal par les joueurs occasionnels qui, pleins de bonne volonté, entraient des touches sans tenir compte de la stratégie commune ou du lag et faisaient capoter les efforts d’heures entières. La démocratie n’est donc rien sans concertation, mais surtout sans droit à l’information et sans accès aux réseaux sociaux. 

De même, la démocratie peut, comme dans le monde réel, arriver à des résultats néfastes si elle est utilisée avec de mauvaises intentions. Le 23 février, un groupe bien organisé, mené par Destiny, un autre streameur, a profité du mode Démocratie pour relâcher un grand nombre de Pokémon, mettant ainsi en péril toute l’aventure. Un sanglant rappel qui reste tout à fait applicable à notre vie de citoyen. Au final, c’est d’ailleurs l’union des deux systèmes qui a permis de vaincre le jeu. Une bien belle leçon j’ai envie de dire.

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Enfin, TPP nous en apprend finalement beaucoup sur l’importance de l’unité et de la culture. Si vous êtes un jour passé sur Twitch, vous aurez sans doute remarqué que le jeu en lui-même est assez chiant. C’est lent, c’est compliqué, c’est un bordel monstre et on passe 10h à couper un arbre. Mais c’est l’addition de 10 minutes passées sur le jeu par chaque personne qui a conduit à la victoire. De celui qui a posé son congé pendant 16 jours et qui est resté suspendu à son écran en pissant dans des bouteilles à celui qui a vu un reportage sur TF1 et qui a tapé une seule et unique commande, tout le monde a sa part dans la victoire qui en a découlé. 

En outre, une grande partie de l’intérêt du jeu est tiré de l’incroyable mythologie que les fans ont développée autour. C’est une véritable légende qui a été tissée, avec ses personnages, ses moments d’humour et de bravoure, ses rebondissements insensés, et même, je ne sais pas si vous vous rendez compte, une putain de religion. Ce sont les dessins, récits, musiques, schémas et comptes-rendus des fans qui ont créé une cohérence à l’aventure, qui lui ont donné un sens et unis les joueurs autour d’un but commun, et ça, ça c’est beau, omg, je pleure sur mon clavier en chantant à tue-tête le glorieux hymne d’Hélix, là, maintenant :

(Ces théories m’ont été largement rappelées et inspirées par l’excellent article de Kwev pour le site Eclypsia, merci à lui)

La suite

Après 16 jours, 7 heures, 45 minutes et 30 secondes, Twitch Play : Pokémon Red prit fin, laissant une communauté heureuse, mais un peu orpheline. Que faire maintenant ? La décision fut prise de passer à d’autres jeux Pokémon. Si les vues et la thune n’étaient sans doute pas la motivation principale, puisque le streameur a toujours tenu à son anonymat et a toujours refusé les 100 000€ de sponsoring auquel il aurait pu avoir droit, il faut avouer que les suites rencontrèrent bien moins de succès que la première saison. Puisqu’on savait maintenant qu’il était possible de terminer le jeu, le challenge perdait désormais beaucoup de son intérêt. Cause ou conséquence, les légendes entourant l’aventure perdirent en cohérence et en qualité, le nombre de joueurs se trouvant fort réduit.

En tout, 10 parties ont suivi la première : Pokémon Cristal, qui fut encore beaucoup suivie, puis Pokémon Émeraude, Rouge-Feu (en mode aléatoire, c’est à dire avec des Pokémon, attaques et objets pris au hasard), Pokémon Platine, Pokémon Coeur d’Or (aléatoire), Pokémon Noir, Pokémon Blaze Black 2 (une hack rom que je vous recommande par ailleurs), Pokémon X, Pokémon Rubis Omega et depuis peu, Pokémon Rouge Saison II. Entre deux parties des paris sont parfois organisés sur Pokémon Stadium 2, avec des attaques prises complètement au hasard. Au cours de ces différentes parties, sur lesquelles nous reviendrons individuellement en seconde partie de news, la popularité du jeu s’est peu à peu érodée jusqu’à ce qu’il ne reste que 500 petits joueurs.

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Outre les parties officielles, on peut aussi citer deux initiatives assez… surprenantes, dont Fish Plays Pokémon. Dans cette partie, les mouvements du jeu sont déterminés par un poisson rouge (Rouge, Red,… tt n kun tt) répondant au doux nom de Grayson. Il a tout de même obtenu un joli score de 20.000 vues et réalisé quelques exploits avant de passer l’arme à gauche et de rejoindre Bird Jesus. RIP in peace sweet prince. 

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Pour finir, des programmeurs sont récemment arrivés à inclure en direct le Chat de Twitch dans un vrai jeu Pokémon Rouge inséré dans une vraie console. L’exploit mérite d’être signalé, mais franchement j’ai autant de connaissance sur le sujet que ton petit cousin de 5 ans sur les IVs, alors passons à un sujet autrement plus épique qui fera l’objet de la seconde partie de la news : la légende en elle même.

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Les légendes

Cette news étant déjà fort longue, je ne vais pas résumer ici en détail et chronologiquement les 11 parties qui ont été jouées, on n'en finirait jamais. Je m’attarderai donc particulièrement sur la première, la plus importante à mes yeux de toute manière, et synthétiserai beaucoup plus pour les suivantes. Je remercie tout particulièrement Le Journal du Gamer, sur lequel je me suis basé pour la première partie, et Mad Chien de La Chronique Facile du Mercredi, dont l'excellent article m’a été d’un énorme secours pour les parties suivantes)

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Malgré le travail patient de milliers d’historiens, les débuts de l’aventure restent méconnus et peu documentés. Tout ce que nous savons, c’est qu’un jeune garçon nommé Red, tourmenté par les voix de plus en plus nombreuses dans sa tête, part en quête de gloire et de guérison avec pour seul compagnon, un Salamèche surnommé Abby. 

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Les joueurs parviennent sans histoire jusqu’au Mont Sélénite, où ils choisissent le Fossile Nautile. Comme celui-ci est placé tout en haut du menu, les joueurs le consultent sans arrêt et en toute circonstance. Certains vont vite le voir comme un guide, voire comme la source des voix, et vont l’ériger au statut de divinité. Kabuto et son Fossile Dôme, en bons antagonistes, sont évidemment rapidement vus comme des coquillages démoniaques et maléfiques. Il s’agit là d’un des memes les plus emblématiques et les plus précoces du jeu. On dit que chaque fois des millions de joueurs prient encore Helix, sanglotant et à genoux (comment ça, c’est juste moi ?)

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Guidés par Helix, les joueurs capturent un Rattata surnommé Jay Leno, du nom d’un présentateur de talk-show américain (avouez que Laurent Ruquier ça serait moins bien passé). Ils chopent aussi le Ticket Ste Anne, qui fera lui aussi l’objet d’un petit culte pépère pour les mêmes raisons. 

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Les joueurs, arrivés à la troisième arène, capturent un Soporifik et un Canarticho, nommé Dux, à qui ils parviennent miraculeusement à apprendre Coupe. Les miracles s’arrêtent pourtant très vite quand on comprend avec effroi la difficulté de se débarrasser des arbres en utilisant Coupe. De nombreuses heures seront nécessaires à chaque fois. 

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Un autre problème de taille se pose rapidement : les bordures de la Route 9. Un seul faux pas, une seule personne qui utilise le bouton “bas”, et tout est à recommencer. Les joueurs passeront plus de 24h sur cette route avant de réussir à sauter les bordures. L’aventure est compliquée par l’arrivée de nombreux trolls qui tentent de faire capoter le jeu (sûrement des complices du Dôme, ou de Cyprien, les deux étant assez maléfiques). L’avalanche de touches mène aussi souvent à consulter le cri de Bulbizarre, le Helix et à sauvegarder. “Au moins on a sauvegardé” devient une private joke, généralement utilisée après un événement cataclysmique. Et Dieu sait qu’il va y en avoir. 

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Niveau équipe, les joueurs parviennent à apprendre Tunnel à un Rattata (pas Jay Leno, un autre, présent depuis le début du jeu). Très mauvaise idée puisque celui-ci, surnommé Digrat, va en faire un usage légèrement abusif et contraindre Red à se téléporter à tout moment. Il fut stocké dans le PC pour y expier ces crimes. Abby (devenu Reptincel) et Roucoups font tout le boulot, les autres Pokémon restant trop faibles.

Arrivé à l’arène d’Erika, Dux se débarrasse miraculeusement d’un arbuste en quelques minutes… avant que l’équipe soit mise K.O. et que deux heures soient nécessaires pour parvenir à couper l’arbre à nouveau. Roucoups, devenu Roucarnage, fait un tel massacre dans l’arène qu’il reçoit le titre de “Bird Jesus”, envoyé d’Helix.

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À ce stade, les joueurs sont assez optimistes. Cependant, il faut penser à l’avenir : Surf sera bientôt nécessaire et aucun Pokémon n’est capable jusqu’à présent de l’apprendre. Les joueurs décident donc d’acheter une Pierre Eau à Céladopole et de la donner à Evoli. Bon plan. Sauf, que quelques heures et millions d’essais plus tard, ils se retrouvent sans Pierre Eau, ruinés par l’achat de centaines de Poképoupées et d’une Pierre Feu

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Comble de malheur, en tentant de déposer Evoli à la pension en attendant de trouver une pierre Eau, Abby et Jay Leno sont relâchés. C’est la première perte importante de l’aventure, et un moment de choc et de deuil. Parfois j’en pleure encore la nuit.

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Evoli “Le Faux Prophète” en profite pour s’accaparer la Pierre Feu et évolue en Pyroli, soit l’évolution la moins utile pour la partie. Comble d’ironie, Helix est mis au PC et Digrat parvient à en sortir, perpétuant son oeuvre destructrice de téléportation non consentante. 

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Pyroli fut finalement enfermé dans le PC puis relâché et renvoyé en enfer, avec le soutien de Soporifik, surnommé le Gardien.

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imageC’est pas tout ça, mais il était temps de se frotter au repaire de la Team Rocket. L’équipe resta si longtemps coincée dans le labyrinthe de tapis roulant que le streameur dut intervenir et passa le jeu en démocratie. Je ne m’attarderai pas sur le sujet vu qu’on en a déjà abondamment parlé en première partie de news ; mais rappelons-nous tout de même que cet événement a marqué une intense division entre joueurs, qui perdura jusqu’à la fin du jeu. Même après l’instauration du système de vote, les gens passaient plus de temps à voter pour Anarchie ou Démocratie qu’à véritablement jouer. 
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Après de loooongues looooooooooongues heures, Red parvient jusqu’à Giovanni. Il se fait battre de justesse par son dernier Pokémon, parvient à remonter jusqu’à lui, le bat… juste au moment ou Digrat utilise Tunnel, l’empêchant de récupérer la Sylph Scope. Il faudra donc tout retraverser une troisième fois pour enfin échapper au repaire Rocket.

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En route vers Lavanville, l’équipe parvient à capturer et renommer pas mal de Pokémon, dont un Mystherbe, xCabbage, deux Nosferapti et un Kicklee, relâchés aussi sec. Soudain, l’équipe se rend compte qu’aucune de leur attaque ne peut toucher les Pokémon spectre de la tour. Commence donc un long leveling pour apprendre Psyko à Soporifik. Après quelques heures, l’opération est un succès… pour quelques minutes, le temps qu’ils remplacent Psyko par Coup d’Boule. Ah. Bon. Ok alors.

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Mine de rien, les choses commencent à aller mieux pour le twitch. Un Fantominus est capturé sans trop de difficulté, et Ronflex est éliminé rapidement et proprement. Bird Jesus triomphe de Koga en esquivant habilement la dernière explosion de Smogogo. 

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Pour les besoins de l’article merci de faire comme si cet Electrode était un Smogogo, merci

Le Parc Safari est bouclé en mode démocratie, lentement mais surement, et Surf est récupéré. Une quantité impressionnante de Pokémon sont capturés pour l’occasion, dont un Aéromite Tout Terrain du meilleur gout.

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L’équipe parvient même à récupérer Lokhlass, surnommé Air Jordan, lui apprendre Surf et mettre Digrat au PC. 

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Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. La trahison de Pyroli était déjà loin, la victoire semblait possible, l’euphorie gagnait les joueurs. Jusqu’à ce fameux dimanche. Dimanche, sanglant dimanche.

Les choses avaient pourtant bien commencé. Après une victoire fracassante de Bird Jesus sur Morgane, l’équipe s’était sentie pousser des ailes et avait poussé la chance jusqu’à tenter de capturer Electhor, l’Archange de la Justice. Miraculeusement, cette opération avait été couronnée de succès, mais il avait été envoyé au PC. Il s’agissait donc de le récupérer.

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C’est à ce moment que la nation du f... euh, les trolls menés par le streameur Destiny ont fait un raid sur le jeu. Dans le combat qui a suivi, 12 pokémon furent relâchés, dont DUX, Digrat et xCabbage. Bird Jesus et le Gardien furent déposés, puis récupérés, mais Electhor était toujours dans le PC. Il fut décidé de déposer Rick le Fantominus à la pension (où il est d’ailleurs toujours) pour récupérer l’oiseau légendaire, ce qui fut fait ; mais à quel prix.

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Le désespoir ayant gagné les joueurs, on estima qu’il était temps de requérir l’aide des Dieux. Il fallait réveiller le Helix. Sur la route, l’équipe parvint à faire évoluer Nidorino en Nidoking, puis rallia Cramois'Île. Dans l’allégresse générale, Helix revient à la vie.

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Le manoir Pokémon fut ensuite particulièrement pénible. À un moment, l’équipe se retrouva complètement coincée, et dut patiemment se suicider en affrontant des Pokémon sauvages. Plus tard, elle perdit à une case de la clé. Mais une fois celle-ci obtenue, Auguste fut une partie de plaisir pour Lord Helix. Le moment était venu de rentrer à la maison. Pour info l’équipe a quand même mis 3h à utiliser Surf, tout ça pour s’échouer sur une île 2 minutes plus tard. Même les dieux peuvent se gourer hein.

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Le plus dur dans la dernière arène fut la bordure à l’entrée, bien que le combat contre Giovanni fut très serré. C’est pas tout ça, mais ça commençait à bien sentir la faim. Désormais, le mot d’ordre était de rester loin du PC. Red avait une équipe puissante, équilibrée, et en partie divine. On commençait à y croire, mais restait la plus grande étape : la ligue Pokémon.

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Par chance, les bordures avant la ligue furent assez simples à passer, de même que la route victoire, pour laquelle le mode démocratie fut abondamment spammé. Quant à la ligue, il fallut de nombreux essais avant de voir la victoire, au 16e jour de l’aventure. Electhor fit le gros du travail, bien aidé par Aéromite Tout Terrain, qui gagna le titre de Dragon Slayer dans un combat épique contre le Dracolosse de Peter. Rien de magique dans cette victoire miraculeuse ? Dans Pokémon Jaune, l'IA était programmée pour toujours spamer des attaques Super Efficace, qu'elles soient offensives ou non. Aéromite étant de type Poison, Dracolosse a donc consciencieusement balancé Hâte et Bouclier, de type Psy, sans lui infliger un seul point de dégât de tout le combat donc. Il a donc suffit à Aéromite d'attendre tranquillement que son poison fasse son effet.
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Enfin, dans une ultime bataille, Red, Helix et les joueurs du monde entier parvinrent à éliminer Blue. 


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L’expérience sociale était terminée. La victoire, qui semblait si improbable deux semaines auparavant, était nôtre. Toutes ces péripéties et cet élan de cohésion incroyable nous avaient menés à ce moment. Je suis personnellement convaincu que la communauté Pokémon, le monde des jeux vidéo, la culture, internet et même chacun des joueurs impliqués sont ressortis grandis de cette victoire. À ce moment-là, nous étions des milliers à être Maîtres Pokémon.

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Twitch Plays : Pokémon Crystal

À la fin de TPP Red, une question vitale s’est imposée à tous : 

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Que faire ? Arrêter le jeu, puisque l’expérience était un sujet, ou relancer une partie ? La décision fut prise par le streameur : le 2 mars, soit à peine un jour après la victoire des joueurs contre Blue, commença une partie sur Pokémon Crystal.

De 80.000 vues les premiers jours, on retomba très vite à 20.000 vues en moyenne, certains trouvant que l’aventure avait perdu de son intérêt. En effet, un nouveau débat agita les fans. Certains, déçus de ne pas retrouver l’ambiance de la première partie, tentèrent de forcer de nouveau memes et ce créer une histoire de toute pièce (ce qui fut comme souvent dans ces cas-là un bon gros fail). D’autres arguaient qu’il serait de toute manière impossible de reproduire l’engouement de la première partie puisque, comme son nom l’indique, c’était encore une nouveauté, et voulaient simplement finir le jeu sans se prendre la tête. 

Le comble du conflit fut atteint quand les partisans de la première option tentèrent de relâcher Lazorgator/ Aligatueur afin de créer de toute pièce un rebondissement scénaristique semblable au Bloody Sunday. Ils échouèrent, mais firent relâcher Prince Omelette/Togepi, l’amant présumé de Lazorgator. On dirait un mélange Shakespeare/Superwholock.

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Mais ce ne fut qu’une victoire de courte durée puisqu’au final les joueurs qui souhaitaient laisser l’histoire se faire d’elle même sans artifice finirent par l’emporter. Comble de l’ironie, leur slogan, “No God, No King, Only (Poké)Mon” devint en lui même un meme. 

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Il trouva sa confirmation quand à la fin du jeu, Gold se trouva face à Red, avec son équipe de TPP Red telle qu’on l’avait laissée dans la première partie. Joli clin d’œil et combat d’anthologie, où les anciens dieux furent vaincus par la nouvelle génération, composée de Lazorgator, Brian le Roucarnage, Burrito le Mentali, Solid Snake le Steelix et Katy le Dracolosse. Voyez par vous même.

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Ah non merde.

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Vous noterez l’absence de Poissirène, pourtant capturé avec leur unique Masterball. Ça fait cher le poisson rouge. 

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Twitch Plays : Pokémon Emerald

Tant qu’à faire, le streameur enchaîne sur Pokémon Emeraude, on change pas une équipe qui gagne.

Le personnage principal est cette fois Flora, sobrement surnommée A (le F, le L, le O et le R sont silencieux).

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Drame : après quelques jours, son Poussifeu est relâché, et part rejoindre Abby au paradis des starters  feu.

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C’est alors que la partie comique du jeu commence : pendant tout un temps, A se retrouve entourée uniquement de Medhyena. En allant au Parc Safari pour mettre un peu de neuf dans tout ça, elle se retrouve avec 28 Mystherbe. De quoi planter un bon potager.

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Tout cela est encore compliqué par ce qu’on a appelé la Guerre des Bots. Certes, le nombre de joueurs est maintenant assez faible, mais en contrepartie leur niveau technique a bien augmenté. Tous programment des Bots à qui mieux mieux, soit pour relâcher des Pokémon, soit pour passer en mode Anarchie. Les rares Pokémon fonctionnels sont donc perpétuellement mis en danger.

Vers la fin du jeu, les joueurs arrivent finalement à créer une équipe digne de ce nom, dont le point fort est M4, l’Azumarill fou qui décime les adversaires à coup de spam de roulade.

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Il leur faudra quand même pas moins de 6 jours pleins pour vaincre la ligue, soit 6 fois plus que dans la première partie. En tout, plus d’une centaine de tentatives seront nécessaires. Celui qui a le plus subi est ce petit Punk de Damien, qui s’est fait voler son goûter 95 fois, du coup.

Twitch Plays : Pokémon Fire Red 

Pour son retour à Kanto, le streameur choisit une partie aléatoire, où tous les Pokémon du jeu se retrouvent remplacés par un autre Pokémon prit au pif. L’héroïne, A (oui encore), surnommée Alice, 

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Si Alice abandonne bien vite son starter, Machoc, elle bénéficiera des sages conseils de son chat du Cheshire à elle, Skitty / Meow Zedong. Elle parviendra même à choper Marx le Mew et Sherlock le Tortank, preuve s’il en est que la drogue, le communisme et Tumblr sont en train de gangrener le Twitch. 

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Par bien des égards, Alice est d’ailleurs l’opposée de Red. Adepte du fossile Dôme qu’elle choisit, elle se fait un fidèle allié d’Altaria, qui remplace ici Pyroli, le faux prophète. Après 15 jours, Alice bat la ligue sans grande difficulté.

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Twitch Plays : Pokémon Platinium

À ce stade, le nombre de joueurs tourne entre 1000 et 3000, bien loin de la folie des débuts. Toujours est-il que Napoléon, en petit comité donc, choisit un Ouisticram comme starter qui sera relâché dans les 12h (dans l’indifférence générale). 

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C'est le début d’une partie surtout marquée par une guerre de bots et de trolls tout au long du jeu : ils parviendront, entre autres, à empêcher Lixy d’évoluer, en faisant le premier Pokémon non évolué de l’histoire du Twitch à vaincre la ligue. Dans le même ordre d’idée, il faudra plusieurs jours aux joueurs pour faire évoluer Keunotor en espérant lui apprendre Surf. Il finit par se retrouver relâché et les joueurs partirent capturer un Castorno. Ils auraient pu commencer par là. Quant à Togepi, il passe son aventure à être transféré du PC à l’équipe sans jamais se battre. 

Un nouveau Pyroli fut capturé et ajouté dans l’équipe. Tout le monde était prêt à lui laisser une seconde chance. Mauvaise idée : il fallut 4 jours pour battre Hélio et, pour la toute première fois, le jeu fut victime d’un black out en plein monde distorsion (ça s’invente pas) et 7h de jeu (+ une vingtaine de Pokémon) furent perdus. Pyroli en fut bien évidemment tenu pour responsable et jugé devant la justice des hommes. 

La ligue fut battue au bout de 17 jours. À noter que les commandes habituelles furent remplacées par des coordonnées correspondant à une grille placée sur l’écran tactile, ce qui devait pas être super super simple à gérer. Le jeu fut terminé pour la première fois en mode Anarchie du début à la fin, tranchant le conflit séculaire. 

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Twitch Plays : Pokemon HeartGold

Pour leur retour à Johto, les joueurs eurent droit à une nouvelle version random. L’héroïne, Aoooooo ou “La Fille Loup”, pour des raisons évidentes, hérita d’un Kraknoix, qui évolua rapidement en Vibraninf. Vu qu’il était quand même un peu surpuissant, le jeu fut une partie de plaisir. Il le devint encore plus quand Aoooo reçut un Groudon avec Absorb’eau, surnommé Kelly, qui entreprit de tout détruire sur son passage. Comme c’était quand même un peu cheaté, un pacte fut conclut avec les trolls (bien embêtés maintenant que le mode démocratie s’activait automatiquement après une période de temps aléatoire) et Kelly fut volontairement remise en liberté après la tour radio. Dans l’intervalle, les joueurs capturèrent leur premier chroma, un Xatu.

Un Amonistar fut capturé dans la foulée et l’allégresse générale, qui allait quelque peu retomber pendant les 4 jours nécessaires à vaincre la ligue. Kanto fut facilement balayé en seulement 2 jours, puis Aoooo se retrouva face à Alice, de TPP Crystal, pour un rematch dantesque.

Twitch Plays : Pokemon Black

Le jeu commença très fort, avec la séquence d’intro qui s’est mise à tourner en boucle, ce qui fait que ce pauvre N a été couronné bien plus qu’il n’en faut pour combler son vide affectif. 

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Si TPP HG s’était globalement super bien passé, les problèmes vont rapidement revenir. Déjà, ça manque pas, Gruikui est relâché dès les premières heures du jeu. Quelle idée de continuer à prendre des starters feu.

Ensuite, le streameur va devoir intervenir pour bloquer le C GEAR, qui ne cesse de s’activer et de paralyser Jimmy, le protagoniste, dans un bon gros trip.

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L’équipe étant relativement faible, elle sera pas mal modifiée en cours de route, et on aura droit à quelques massacres en règle, dont Robespierre ne trouverait rien à redire. Bien aidé par Nonon le Tritonde, survivant de toutes les épurations, Jimmy parvient à vaincre la ligue au bout de 12 jours.

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Twitch Plays : Pokémon BlazeBlack 2

À ce stade, il ne restait plus qu’un petit millier de joueurs déterminés pour faire avancer le jeu. C’est bien dommage vu la qualité de la rom choisie pour l’occasion, Pokémon BlazeBlack 2. Au programme, difficulté augmentée, tous les Pokémon disponibles dans le jeu et surtout impossibilité de relâcher des Pokémon.

Du coup, pour une fois, le starter feu a tenu tout le jeu, rapidement rejoint par Aligatueur et Jungko, tous niveau 100. Il fallait bien ça pour affronter les protagonistes de toutes les versions antérieures.

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Twitch Plays : Pokemon X

Comme vous pouvez le constater si vous êtes encore en vie à ce stade, les descriptions deviennent de plus en plus courtes. Ce n’est pas une grosse flemme de ma part (même si à ce stade je pense dormir les 7 semaines à venir), mais faut bien dire que ces épisodes n’ont pas passionné grand monde et que les événements marquants comme leurs comptes-rendus se font rares. Ici, le jeu a surtout été marqué par des échanges constants, ce qui a donné une équipe assez peu mémorable. À une exception : les joueurs ont reçu par échange un Amonita surnommé Lady Helix. Ça s’invente pas. 

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Twitch Plays : Pokémon Omega Ruby

Très peu d’information là encore. La ligue a été battue pour la seconde fois au bout de 8h, avec Linéon, Brouhabam, Negapi, Latios, Azumarill et un Rayquaza miraculeusement attrapé dans une Pokéball. Oh et ils ont gagné un concours.  Voilà.

Twitch Plays : Pokémon Red Saison 2

Au moment où j’écris ces lignes, la partie est toujours en cours et rencontre un succès croissant. Si vous ne l’avez pas encore fait, c’est le moment d’aller y jeter un œil par vous même et de prendre, vous aussi, votre place dans la légende.

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Si vous êtes arrivés jusqu’ici, bravo ! J’en profite pour vous filer un petit cadeau : les sauvegardes de Twitch Plays Pokémon RedPokémon Crystal et de Pokémon FireRed. Et n’oubliez pas le plus important : Praise Helix !

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PRAISE HELIX


http://www.reddit.com/r/twitchplayspokemon/wiki/historyoftpp
http://www.escapistmagazine.com/news/view/132889-Twitch-Plays-Pokemon-Interview-TPP-Will-Continue-on-to-Emerald
http://www.eclypsia.com/fr/video-games/news-7943.html
http://www.lemonde.fr/pixels/article/2015/02/13/un-an-plus-tard-twitch-joue-toujours-a-pokemon_4575867_4408996.html
http://www.journaldugamer.com/tag/twitch-plays-pokemon/page/2/
http://www.diplomaticourier.com/news/topics/politics/2091-anarchy-vs-democracy-the-politics-of-twitch-plays-pokemon
http://www.twitch.tv/twitchplayspokemon
http://helixpedia.wikia.com/wiki/TPPedia_Wikiga

Par


  • Rayquane26/02/17 à 09:48
    Superbe article. Rien de plus à dire.
  • aeiou09/01/17 à 19:36
    PRAISE HELIX FOSSIL
  • Pajh22/10/16 à 09:06
  • Steellar05/10/16 à 20:35
    Praise helix
  • RioluAura33007/04/15 à 22:56
    Excellent article! Tout lu du début à la fin!
Yo, peux-tu désactiver AdBlock pour Pokémon Trash ? Promis, on est cool, reglo et on abuse pas.
Merci, tu gères !
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